3-La phrase

3-La phrase :

3-1-La phrase : la phrase complexe

Une phrase complexe est une phrase organisée autour de plusieurs verbes ; elle est donc plus construite, plus riche que la phrase simple. Elle est cependant d’un usage très fréquent, à l’écrit évidemment plus encore qu’à l’oral. Quand emploie-t-on une phrase complexe ? Comment la construit-on ?

1. Phrase simple et phrase complexe

Tandis que la phrase simple ne contient qu’un seul noyau verbal, donc une seule proposition, la phrase complexe en comprend plusieurs, donc plusieurs propositions.

Ex. : « Dans le Voyage fantastique, le réalisateur Richard Fleischer montrait un minuscule vaisseau explorant les artères du corps humain. On s’en approche à grands pas. La firme israélienne Given Imaging a mis au point une caméra miniature qui s’avale et filme le système digestif. » (Libération, 26 mai 2000).

Dans ce début d’article, les phrases simples prédominent (comme souvent dans la presse) :

– la première phrase est construite autour du verbe montrait qui a pour sujet le groupe nominal le réalisateur Richard Fleischer ;

– la deuxième phrase est construite autour du verbe s’approche qui a pour sujet le pronom on.

Cependant la troisième phrase comprend trois verbes ayant leur sujet propre : a mis (sujet : la firme israélienne Given Imaging), s’avale (sujet : qui), filme (sujet : qui). Cette phrase que l’on peut découper en trois propositions est donc une phrase complexe.

Remarque : les infinitifs ou participes qui n’ont pas de sujet propre ne comptent pas comme noyaux verbaux ; ainsi le participe présent explorant dans la première phrase joue le rôle d’un adjectif, non pas celui d’un verbe noyau de proposition.

2. Les différents statuts d’une proposition

Toutes les propositions composant une phrase complexe n’ont pas le même statut. On distingue :

– la proposition indépendante qui ne dépend d’aucune autre proposition et qui n’a pas de proposition sous sa dépendance ;

Ex. : « [La capsule se présente sous forme d’une grosse gélule faite d’un plastique biocompatible] ; [elle embarque une caméra vidéo, une lampe, un émetteur de télévision et une minuscule batterie.]. » (D’après Libération, ibid.). Cette phrase comprend deux propositions indépendantes.

– la proposition subordonnée qui dépend d’une autre proposition (dite principale) ; elle est le plus souvent introduite par un mot subordonnant ;

– la proposition principale qui a sous sa dépendance une ou plusieurs autres propositions subordonnées.

Ainsi la proposition qui s’avale dans le premier extrait ne peut pas exister par elle-même. Elle est subordonnée à la proposition principale : La firme israélienne a mis au point une caméra miniature.

3. Les liens entre les propositions

On distingue trois sortes de liens entre les propositions : la juxtaposition, la coordination et la subordination.

3.1. La juxtaposition

Ex. : « La capsule se présente sous forme d’une grosse gélule faite d’un plastique biocompatible ; elle embarque une caméra vidéo, une lampe, un émetteur de télévision et une minuscule batterie. » (D’après Libération, ibid.).

Dans l’extrait ci-dessus, les deux propositions ont le même statut (elles sont toutes deux indépendantes) ; elles sont reliées entre elles par un simple point-virgule. On dit qu’elles sont juxtaposées (juxta signifie en latin « à côté de »). Deux propositions juxtaposées peuvent être reliées également par une virgule ou un deux-points.

3.2. La subordination

Ex. : « Une fois activée, la capsule fonctionne pendant cinq à six heures au fil de sa descente, pendant lesquelles elle délivre ses images à l’extérieur du corps humain. » (Libération, ibid.).

Cette phrase complexe est composée d’une proposition principale et d’une proposition subordonnée (introduite par le subordonnant pendant lesquelles) ; il y a donc un lien de subordination entre elles deux.

3.3. La coordination

évacuation dans les selles, au bout de vingt-quatre heures environ. » (Libération, ibid.)

Comme dans l’exemple cité dans le paragraphe 3.1, la phrase est composée de deux propositions indépendantes mais cette fois-ci, celles-ci sont reliées par la conjonction de coordination et (les autres sont mais, ou, donc, or, ni, car). Deux propositions coordonnées peuvent être reliées également par un adverbe de liaison comme puis, ensuite, en effet, cependant, etc.

 

3.2- La négation:

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INTRODUCTION

négation, nom donné à l'expression grammaticale marquant qu'on nie une phrase ou un élément d'une phrase. La négation peut se combiner à n'importe laquelle des modalités de la phrase, qui peut être déclarative, interrogative, impérative ou exclamative. Une phrase peut en effet être à la fois déclarative et négative, interrogative et négative, etc. Les phrases qui expriment une interdiction sont à la fois impératives et négatives (Ne venez pas).

La négation s'exprime à l'aide de l'adverbe de négation ne et d'un des autres adverbes de négation pas, plus, jamais (Je ne sais pas ; Il n'est plus là ; Il ne pleut jamais) ou bien d'un pronom indéfini (rien, aucun, personne, nulle part).

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PLACE DE LA NÉGATION

Si, dans une phrase négative, le verbe est à un temps simple, ne et le second élément de la négation l'encadrent, ne étant antéposé et l'autre élément postposé (Ils ne dirent rien). Si le verbe est à un temps composé, ne est placé avant l'auxiliaire, et le second élément entre l'auxiliaire et le participe passé (Ils ne sont pas partis).

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NÉGATION TOTALE ET NÉGATION PARTIELLE

La négation effectuée au moyen des adverbes simples ne, non, pas, point, dits de degré plein, ou des adverbes composés de même degré est appelée négation totale (Ils n'y sont pas arrivés).

La négation effectuée au moyen des adverbes simples plus, jamais, guère, etc. ou d'une locution du type ne ... déterminant ou ne ... pronom (Il n'y a aucun problème ; Je n'ai vu personne) est appelée négation partielle. La négation partielle implique une limite (Je ne mange plus de chocolat) ou une restriction (Il ne voit plus qu'elle) que la négation totale n'implique pas.

On peut formuler une restriction à l'aide de ne ... que, ne ... plus que (Il n'y a que toi qui puisse l'aider ; Je n'ai eu que le temps de sauter dans un train).

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Point et guère

Les formes archaïques point et guère sont d'un emploi littéraire (Ce genre de chose ne se dit point ; Nous n'avons guère le temps).

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Non

L'adverbe de négation non peut être employé comme mot-phrase et constituer à lui seul une réponse négative (Non !), ou bien renforcer une négation (Non, il n'en est pas question) ou encore servir à nier une proposition (C'est une question de temps, non de bonne volonté).

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Ni

La conjonction de coordination ni, employée avec ne et éventuellement répétée, permet de coordonner des éléments dans une phrase négative (Je ne les connais ni l'un ni l'autre).

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NÉGATION ET NIVEAU DE LANGUE

La description de la négation implique la prise en compte de l'existence de différents niveaux de langue, puisque, dans la langue courante et dans la langue familière, la négation peut s'effectuer à l'aide de pas, plus, jamais, personne ou rien employés seul (Je sais pas ; Il est pas là ? On y va jamais ; On voit rien ici ; Il y a jamais personne).

Dans la langue littéraire, à l'inverse, c'est ne qui peut être employé seul avec une valeur négative devant des verbes du type oser, savoir, pouvoir (Il n'osait parler ; Nous ne savions que faire).

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LE NE EXPLÉTIF

Le ne dit explétif, en revanche, n'est pas négatif. Il figure dans des complétives complément d'objet dont le verbe introducteur exprime une crainte ou une défense (Je crains qu'il ne se fâche), ou devant un verbe de doute dans une phrase négative (Je ne doute pas qu'il n'y parvienne). Un ne explétif peut également figurer après les locutions conjonctives de peur que, à moins que, avant que (Partez avant qu'il ne soit trop tard = Partez avant qu'il soit trop tard).

 
 
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